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 ILLUSTRATION
Pour être dessinateur - illustrateur, il ne suffit pas d’arriver avec son savoir-dessiner. Il faut aussi savoir s’imprégner du texte, des mots, du sens, de l’esprit, de la sensibilité, du style de l’écrivain, avec respect. L’illustrateur travaille sur commande de l’éditeur ou sur projet avec son propre texte ou celui d’un ami auteur. La marge de manœuvre de l’illustrateur varie fortement selon le travail demandé, le principe supposé étant de se faire plaisir et d’éviter la redondance :
dans un album pour enfants, l’illustration tient une place importante, elle a son « mot à dire », elle raconte en plus. C’est un échange de sensibilités, un véritable mariage texte-image.
dans un roman jeunesse, plus le récit est descriptif, plus il est difficile pour l’illustrateur de décoller sur les mots et d’apporter son propre univers. Ainsi, Bruno Pilorget a dû jouer avec l’atmosphère, impressionner par les cadrages et les contrastes, augmenter un suspense, faire rêver, dans ses illustrations à la plume et encre de Chine de romans classiques chez Gallimard Folio Junior comme «Le Vieil Homme et la Mer» , «Frankenstein», «L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hide», ou «Le Vœu du Paon».
parfois l’éditeur demande que les illustrations accompagnent tout simplement le récit pour aider les plus jeunes à lire seuls leurs premiers «vrais» romans, comme le magazine «J'Aime Lire» de Bayard Presse.
quant aux couvertures de romans, c’est le plaisir de réaliser une seule image qui doit donner instantanément au lecteur potentiel une idée de ce qu’est l’histoire et l’envie de prendre le livre en main. Comme une affiche de cinéma doit donner envie de voir le film.
à propos de la réalisation couleur, tout est ouvert et le monde de l’édition jeunesse est observé maintenant de près par le monde de la peinture !
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CARNETS de VOYAGES
Pour Bruno Pilorget, réaliser un carnet de voyage est un plaisir de dessinateur - peintre. C’est sortir de l’ atelier rassurant par amour du voyage, du trait et de la couleur. Sans crayon gris ni gomme, mais avec feutre - pinceau, feutre noir, aquarelle et gouache, pour être réactif et rapide, aller à l’essentiel.
Il ne s’agit pas ici d’illustrations, mais de dessins et peintures faits sur place. Le direct de scènes vues et vécues, la rencontre. Le spontané du trait, le vivant. Comme un musicien improvise sur scène, par opposition au travail de studio sans public où l’on a le temps de se tromper, de corriger, d’arranger ou d’improviser aussi. Le dessinateur de carnet est tellement concentré sur le sujet à mettre en image que pour chaque dessin il se souvient de l’ambiance du moment, de l’environnement, des sons, des odeurs. Le fait de dessiner dans la rue attire toujours des curieux. Sans doute dans tout pays. Mais parfois, c’est une véritable foule qui accompagne le dessinateur. Bruno Pilorget parle de ces personnes qui se mettent, hilares, dans son champ de vision pour être aussi sur le dessin ou d’une foule qui parle et rit en silence pour ne pas réveiller le gars dessiné qui dort dans son cyclopousse. Toujours ce contact fabuleux grâce au dessin !
Un carnet blanc au départ du voyage peut être couvert de plus d’une centaine d’images en quatre semaines, alors qu’un album pour enfants peut parfois demander plusieurs mois de réalisation, comme pour les 24 pages de «L’Histoire de Toutes les Histoires» chez Milan.
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 SCULPTURES et PEINTURES
La sculpture et la peinture de Bruno Pilorget sont liées à ses voyages réels et imaginaires. Ses sculptures sont faites d’ objets de récupération et de laisses de mer. Etalés devant lui, ces objets ( en fer, bois, cordages, végétaux…) qui ont un vécu doivent s’assembler, s’emboîter, s’amarrer sans être soudés ni collés, pour devenir des personnages et démarrer une autre vie. Une fois la structure achevée, le plaisir ultime du modelage de la tête. Chaque visage évoquera le voyage, le pays, l’ethnie que l’on voudra… Par la suite, Bruno Pilorget fait parfois le portrait de l’une de ses sculptures, à l’acrylique sur toile, bois ou carton. En privilégiant le regard.
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