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  • Carnets de voyages

    Réaliser un carnet de voyage est un plaisir de dessinateur – peintre.

    C’est sortir de l’ atelier rassurant par amour du voyage, du trait et de la couleur. Sans crayon gris ni gomme, mais avec feutre – pinceau, feutre noir, aquarelle et gouache, pour être réactif et rapide, aller à l’essentiel.

    Il ne s’agit pas ici d’illustrations, mais de dessins et peintures faits sur place. Le direct de scènes vues et vécues, la rencontre. Le spontané du trait, le vivant. Comme un musicien improvise sur scène, par opposition au travail de studio sans public où l’on a le temps de se tromper, de corriger, d’arranger ou d’improviser aussi.
    Le dessinateur de carnet est tellement concentré sur le sujet à mettre en image que pour chaque dessin il se souvient de l’ambiance du moment, de l’environnement, des sons, des odeurs.
    Le fait de dessiner dans la rue attire toujours des curieux. Sans doute dans tout pays. Mais parfois, c’est une véritable foule qui accompagne le dessinateur. Je parle de ces personnes qui se mettent, hilares, dans son champ de vision pour être aussi sur le dessin ou d’une foule qui parle et rit en silence pour ne pas réveiller le gars dessiné qui dort dans son cyclopousse.

    Toujours ce contact fabuleux grâce au dessin !

    Un carnet blanc au départ du voyage peut être couvert de plus d’une centaine d’images en quatre semaines, alors qu’un album pour enfants peut parfois demander plusieurs mois de réalisation.

    Les dessins de voyages de Delacroix, Mathurin Méheut et Yvon Le Corre m’ont toujours donné une envie irrépressible d’aller voir ailleurs et de sortir de mon atelier breton. J’ai osé mes premiers dessins de carnets vers 25 ans lors de trajets en train, à l’époque où mes premiers livres illustrés étaient publiés chez Gallimard Jeunesse. Puis, invité au Sénégal, je me suis lancé dans le bain, intimidé par cette position du dessinateur exposé. De retour en France, pour progresser, j’ai beaucoup dessiné tous les jours, partout. Plus tard, il y eut le bon moment, la bonne destination, en Asie du sud-est. Enfin, j’avais cette décontraction en dessin, ce détachement des contraintes techniques pour profiter pleinement du moment. Mon principe est simple, pour garder la fraîcheur et le vivant, ni crayon gris ni gomme dans ma trousse. La sensation et la pure jubilation dans la difficulté du direct au trait ou à la couleur avec toutes sortes de techniques, afin de varier les plaisirs.

    Partir m’est indispensable, me ressource, m’enrichit. Dans le carnet de voyage, il n’y a pas d’histoire écrite à l’avance. On part avec un livre blanc. C’est le plongeon dans l’inconnu, le sans filet, l’improvisation, le plaisir pur, le lâché, le spontané, la fluidité, l’épuré. Je me lance dans un dessin sans savoir si je pourrai le finir, d’où la chance qui fait partie du jeu. Je suis plutôt un dessinateur exigeant, je recherche la qualité et si possible le sens, dans le plaisir et le respect de la rencontre, guidé par l’émotion et l’esthétique.

    Le carnet, c’est notre scène à nous les dessinateurs. Les gens pensent que nous savons dessiner et puis voilà. Et pourtant, comme pour les autres artistes, il faut beaucoup bosser et il y a des jours où l’on n’est pas en forme, pas inspiré, moins bon, et du coup, cela reste un exercice difficile. Il y a très souvent du monde à venir nous voir et les personnes sont fières et émues qu’on s’intéresse à elles, à leur univers, famille, maison, bateau, boulot, paysage. Leur histoire. D’où souvent des anecdotes d’échanges, racontées par un petit texte. Si possible je leur demande d’écrire leurs noms sur leur portrait. J’aime cette complicité. Le dessin in situ est un merveilleux passeport, il enclenche si souvent l’accueil, l’invitation du thé, voire la proposition d’un repas, d’un hébergement. Et enfin, il m’offre la possibilité de ressentir à vie les ambiances, les sons, les odeurs, les rencontres et les anecdotes liés à ce moment partagé.

    Voilà la merveilleuse récompense du dessin fait sur place.

    Mon carnet en Palestine m’a fait évoluer vers le carnet de voyage-reportage. Il raconte toujours un voyage, mais bien sûr, moins en promeneur. Invité en 2008 à réaliser de ville en ville des ateliers avec des jeunes, j’ai vécu avec stupeur la réalité de la situation et commencé un carnet. Il me fallait témoigner à ma façon en réalisant un livre. J’y suis retourné en 2009, accompagné d’une écrivaine et d’un photographe. Chacun dans son domaine et sa sensibilité, mais ensemble pour les mêmes sujets, nous sommes partis dans l’idée de faire le portrait d’une Palestine méconnue, vécue et racontée par les Palestiniens eux-mêmes, en restant à notre place d’artistes, loin des grandes diatribes géopolitiques.

    Au retour, ce fut un travail considérable de quatre ans pour réunir dans une mise en page claire et cohérente, les textes, les dessins et les photos, dans l’esprit de notre voyage à trois. Là, le fond et la forme du livre ont autant d’importance. Ce livre, Salaam Palestine ! Carnet de Voyage en Terre d’Humanité (Ed. La Boîte à Bulles 2013), a reçu le Grand Prix Michelin, le Coup de Cœur de Médecins Sans Frontières et le Prix Club de la Presse. Une exposition et un film accompagnent ce livre afin d’échanger avec le public. Mais d’autres projets de carnets me happent déjà, dont celui sur l’île mythique d’Ouessant !

  • Emission Brume de Capelans (Ile St Pierre) en triplex Saint-Pierre / Paris / Bretagne : Ici
  • à propos du livre Salaam Palestine ! Carnet de Voyage en Terre d’Humanité avec ma co-auteure Véronique Massenot :

    *Emission France -Culture Le Temps Buissonnier d’Aline Pailler : ici

  • Nous l’avons déjà évoqué ici : nous préparions, avec le réalisateur Jean-Thierry Debord, un documentaire sur notre projet – genèse du voyage, démarche artistique, souvenirs, anecdotes, manière de travailler ensemble, sur place ou à la création du livre… – et désormais, ce film existe.

    D’une durée de 33 minutes, il peut être projeté (aussi bien en salle de cinéma que sur écran plus modeste via un ordinateur portable) pour amorcer une rencontre autour du livre ou de la Palestine, comme ce fut le cas lors du colloque EVE (Enfance Violence Exil) à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.
    Mais le mieux, pour vous le présenter, reste de vous en montrer quelques extraits. Bon voyage !






  • Depuis la rentrée, le trio de Salaam Palestine a été plusieurs fois reçu à la radio. Nous sommes heureux de pouvoir partager ces différentes émissions avec vous :

    •  Détours de Madeleine Caboche > 1 heure de direct avec Véronique et Bruno à la Radio Télévision Suisse / La 1ère (septembre 2013).
    • Rencontre avec > 25 minutes en compagnie de Marc et Bruno sur RCF Radio Sainte Anne (18 décembre 2013).

     

    • Youyous et chuchotements de Nadia Ettayeb sur Aligre FM > 1 heure avec le trio réuni par la magie des ondes (24 décembre 2013).

     

    Pour suivre toute l’actualité du livre, n’hésitez pas à nous rejoindre sur Facebook !

     

     

     

  • « Le 13 novembre 2013 sur France Culture, Marie Diaz et moi, nous étions invités par la journaliste productrice Aline Pailler dans son émission « Le Temps Buissonnier » pour parler de notre album jeunesse « L’Invisible » publié aux Ed Belin. » 
  • TV de TébéSud du 9 janvier 2014
    « Invité par la journaliste Julie Postollec dans son émission La Complète Culture et Loisirs, pour parler de mon métier d’iilustrateur et carnettiste :
  • Illustration

    Pour être dessinateur – illustrateur, il ne suffit pas d’arriver avec son savoir-dessiner. Il faut aussi savoir s’imprégner du texte, des mots, du sens, de l’esprit, de la sensibilité, du style de l’écrivain, avec respect.

    L’illustrateur travaille sur commande de l’éditeur ou sur projet avec son propre texte ou celui d’un ami auteur.
    La marge de manœuvre de l’illustrateur varie fortement selon le travail demandé, le principe supposé étant de se faire plaisir et d’éviter la redondance :
    Dans un album pour enfants, l’illustration tient une place importante, elle a son « mot à dire », elle raconte en plus. C’est un échange de sensibilités, un véritable mariage texte-image.

    Dans un roman jeunesse, plus le récit est descriptif, plus il est difficile pour l’illustrateur de décoller sur les mots et d’apporter son propre univers.

    Ainsi, Bruno Pilorget a dû jouer avec l’atmosphère, impressionner par les cadrages et les contrastes, augmenter un suspense, faire rêver, dans ses illustrations à la plume et encre de Chine de romans classiques chez Gallimard Folio Junior comme «Le Vieil Homme et la Mer» , «Frankenstein», «L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hide», ou «Le Vœu du Paon».
    Parfois l’éditeur demande que les illustrations accompagnent tout simplement le récit pour aider les plus jeunes à lire seuls leurs premiers «vrais» romans, comme le magazine «J’Aime Lire» de Bayard Presse.
    Quant aux couvertures de romans, c’est le plaisir de réaliser une seule image qui doit donner instantanément au lecteur potentiel une idée de ce qu’est l’histoire et l’envie de prendre le livre en main. Comme une affiche de cinéma doit donner envie de voir le film.
    A propos de la réalisation couleur, tout est ouvert et le monde de l’édition jeunesse est observé maintenant de près par le monde de la peinture !

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